Célébrée chaque jour, la messe est l’assemblée liturgique à laquelle les catholiques sont particulièrement invités à participer chaque dimanche, pour rencontrer personnellement le Seigneur, à travers l’écoute de sa Parole, pour l’accueillir et participer à son sacrifice en s’offrant avec Lui, et pour s’unir à lui, à toute la communauté chrétienne et au monde entier. C’est la source et le sommet de la vie chrétienne.

La messe est “la source et le sommet de la vie chrétienne”

Un rendez-vous et une rencontre avec le Seigneur réellement présent

La messe est « la source et le sommet de la vie chrétienne » comme le dit le Concile Vatican II. Le mot messe vient d’un mot latin « missere » qui signifie « envoyer ». On participe à la messe pour entrer en communion intime avec le Seigneur, se nourrir et s’incorporer à Lui, pour être ensuite envoyé pour annoncer le Christ, la Bonne Nouvelle du Salut, au monde entier. En effet, la messe concerne le monde entier. La messe est une rencontre, un rendez-vous auquel les chrétiens sont invités personnellement par le Seigneur lui-même, qui veut se donner tout entier à chacun de ses enfants et qui veut leur donner sa vie. L’Église nous appelle à sortir de nous-mêmes pour rencontrer Jésus et nous ouvrir au don du Seigneur, le recevoir et nous donner à Lui. À la messe le Christ se rend présent de façon particulière, dans le pain et le vin consacrés. Il invite les fidèles à participer à son sacrifice, dont la messe est le mémorial.

À la messe on vient à la rencontre de Jésus. Jésus dans toutes les dimensions de son mystère : Jésus-Dieu et Jésus-homme, Jésus-Prêtre et Jésus-Victime, Jésus s’offrant à Dieu et Jésus se donnant aux hommes, Jésus souffrant et Jésus glorieux… Le Christ se rend présent dans l’assemblée, à travers la personne du prêtre, désigné comme Christ-Tête, et sous la matérialisation du pain et du vin. Rien de désincarné dans sa présence, au contraire, le Christ s’offre à ses fidèles en nourriture, par sa parole et par son eucharistie, don total de lui-même pour nous sauver du péché et de la mort et pour que nous ayons la vie éternelle. Le prêtre célébrant consacre le pain et le vin apportés en offrandes, en Corps et en Sang du Christ. C’est la célébration du mémorial, l’actualisation du don total du Christ au cœur du mystère pascal et du triduum pascal, c’est à dire les trois jours saints de Pâques : la Cène au cours de laquelle le Jeudi saint le Christ a partagé son dernier repas avec ses disciples et s’est donné à eux, le Vendredi saint où il a vécu sa passion en se donnant librement en sacrifice, pour sauver tous les hommes jusqu’à sa mort sur la Croix, et le dimanche de Pâques, célébration de la résurrection du Christ.

Entrer dans le mystère eucharistique de la messe c’est entrer dans un mystère de communion total avec le Christ, mystère de Pâques, auquel il nous invite, comme il avait invité les premiers disciples à le faire : « Vous ferez cela en mémoire de moi » (Luc 22, 11 et svt). Entrer dans le mystère eucharistique, c’est se rendre capable par le Christ, avec Lui et en Lui, d’aimer et de se donner comme il a aimé et s’est donné lui-même, pour sauver tous les hommes du péché et de la mort.

Quelles sont les différentes étapes de la messe ?

Qu’elle soit d’une durée courte ou longue, solennelle ou intime, en semaine ou dominicale, chaque messe comporte un déroulement liturgique ritualisé, en référence au Canon romain. Son déroulé est inscrit dans le Missel romain, document unique de référence, utilisé par l’Église universelle, garant de l’unité de l’Église. Le fait qu’il soit utilisé dans toutes les langues du monde, dans tous les pays du monde, contribue à cette unité. Chaque messe célébrée dans le monde comporte le même déroulé, les mêmes prières et oraisons, les mêmes lectures de la parole de Dieu.

La liturgie est le reflet du mouvement spirituel de la messe, elle permet d’entrer peu à peu dans un mystère de communion avec le Seigneur, et ce dans une pédagogie d’approche progressive de ce mystère. Quatre parties scandent la célébration de l’eucharistie : l’accueil d’abord, puis la liturgie de la Parole, ensuite la liturgie de l’eucharistie au cours de laquelle a lieu le sacrifice et le don total que le Christ fait de lui-même, et enfin l’envoi en mission. Pour commencer, participer à la messe c’est d’abord décider de mettre le Seigneur à la première place dans sa vie et se reconnaitre tout petit devant Dieu le Père. C’est lui demander pardon pour toutes les actions, tous les manques d’amour, tous les péchés qui nous ont éloigné de lui, qui est Tout-Amour. Cela fait partie d’un des premiers rites de la première partie de la messe : la prière pénitentielle de demande de pardon, aussi appelée prière du Kyrie Eleison : « Seigneur, prends pitié ». Après cette prière, on chante le Gloria, la prière de louange qui manifeste la reconnaissance de la gloire de Dieu et la joie de Le rencontrer.

Au cours de la seconde partie de la messe, la liturgie de la Parole, la parole de Dieu de l’Ancien et du Nouveau Testament est proclamée et partagée. C’est d’abord un membre de l’assemblée – choisi par l’équipe liturgique – qui lit la première et deuxième lecture ainsi que le psaume, puis le prêtre – ou le diacre – lit l’Évangile, Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, tiré du Nouveau Testament, l’assemblée se met alors debout. Le célébrant commente ensuite la parole de Dieu dans une homélie, pour aider les fidèles à s’en nourrir et à tisser des liens entre l’Evangile et leur vie quotidienne. La profession de foi ou prière du Credo vient ensuite, elle peut être priée sous deux formes au choix :  le Symbole de Nicée Constantinople ou le Symbole des apôtres. Puis la prière des fidèles, ou prière universelle, est une prière qui intercède pour tous les hommes et conclut la liturgie de la Parole. La liturgie eucharistique commence avec la préparation des dons : « Nous avons reçu de ta bonté le pain que nous te présentons, fruit de la terre et du travail des hommes ». C’est la reconnaissance que tout vient de Dieu, que nous ne pouvons lui donner que ce qu’il nous a d’abord donné Lui-même, et Lui offrir en reconnaissance et en action de grâce, en prière de louange ces dons matériels qui symbolisent notre vie tout entière.

Après la prière sur les offrandes « Élevons notre cœur » ! Au centre et au sommet de la messe, la prière eucharistique est récitée par le célébrant au nom de toute l’assemblée des fidèles – il dit « nous célébrons » -. C’est la prière de tout le peuple et elle entraîne chacun à participer de façon active au mystère du don total du Christ. Avec le Sanctus, on chante avec les anges et le monde invisible, un chant de louange et on reconnait la sainteté du Seigneur Dieu. Ensuite, au cours de la longue prière eucharistique le prêtre consacre le pain et le vin « Ceci est mon corps livré pour vous, ceci est mon sang versé pour vous ». Au moment de la consécration des offrandes, le pain devient vraiment le corps du Christ, le vin – fruit de la terre et du travail des hommes – devient vraiment son sang. C’est ce qu’on appelle la transsubstantiation : le pain et le vin conservent leur apparence de pain et de vin tout en étant vraiment le Corps et le Sang du Seigneur Jésus. Chacun des fidèles est invité à communier, c’est-à-dire à manger le corps du Christ, qui s’est offert en nourriture, pour avoir la vie éternelle, la vie de Dieu. C’est là la source et le sommet de la vie chrétienne. C’est la source vive qui permet au chrétien de se rapprocher de plus en plus de Dieu, de lui ressembler, de s’éloigner du péché et de vivre selon la vie de Dieu.

La communion au Christ entraîne la communion entre chaque membre de l’assemblée, entre chaque chrétien : elle est la source de l’unité de l’Église, qui est le corps mystique du Christ.  La messe a une dimension d’intimité – la relation de chacun avec le Christ- et de communauté – la relation des fidèles chrétiens entre eux et avec tous les hommes. C’est tous ensemble que les fidèles peuvent chanter le Notre Père, qui signifie vraiment cette communion : nous sommes toutes et tous enfants d’un même Père. Cette communion spirituelle précède la communion sacramentelle – qui est de recevoir l’hostie, pain consacré – et la prolonge par un silence d’adoration. Pour conclure la célébration de l’eucharistie – qui signifie « action de grâce » -, le rite de conclusion ou l’envoi, vient clore la messe, « allez dans la paix du Christ », et le chant d’envoi résonne comme un envoi en mission : “Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement” (Matthieu 10, 8) pour propager la Bonne Nouvelle et être porteurs du Christ au monde, en paroles et en actes.